Temps, pression temporelle, rythme scolaire

Un article du blog Journal d’un bègue : le bégaiement dans la vie de tous les jours m’a fait réagir…
Il s’agit d’une réflexion sur le temps. Il m’a fait réagir parce que justement, j’ai moi-même un souci avec le temps. Pour simplifier, j’ai tout le temps l’impression de courir après lui. Je sais que c’est lié à nos modes de vie actuels. Et c’est justement la première chose que l’on nous conseille, à nous, enfants de parents qui bégaient : faire baisser la pression temporelle.Très facile à dire, mais beaucoup moins facile à mettre en application.
Nathan ne fait qu’une seule activité, pour l’instant; j’ai toujours été contre les agendas de ministre pour les enfants, de toute façon. Parce que je suis convaincue, que, de temps en temps, il faut que les enfants s’ennuient ;-) N’empêche, là où je pense qu’il a le plus de pression, c’est le matin, le départ à l’école. Déjà, nous avons énormément de mal à le réveiller… Je sais que nous avons pris une mauvaise habitude : le laisser déjeuner devant les dessins animés. Je sais que ce n’est pas l’idéal, mais maintenant, nous pouvons difficilement déjeuner ensemble parce que celui qui emmène la grande soeur doit partir à 7.30 de la maison, et que Nathan on l’emmène à 8.00 à la garderie. Le problème c’est qu’ensuite il faut littéralement l’arracher des dessins animés. Je sais, en tant que peut-être-future-instut, que ce n’est pas bien que les enfants regardent la tv avant la classe; mais là, en l’occurrence, il ne va pas directement en classe mais à la garderie… pendant 1 heure.
Il y a eu un gros débat au sujet du rythme scolaire au sein de l’éducation nationale, chez les parents d’élèves. Regardons de plus près la journée de Nathan

7.20/7.30    Lever
8.00           Départ pour la garderie scolaire
9.00           Début de la classe
12.00         Fin de la classe / Cantine
Récréation après la cantine
13.30         Reprise de la classe
16.30         Fin de la classe / Garderie
18.00         Retour à la maison

Faisons un bref calcul, cela lui fait une journée de 10 heures ! Bien sûr, tout n’est pas du temps de travail. Mais la garderie n’est pas non plus forcément un moment de calme et de sérénité, puisqu’il y a près d’une vingtaine d’enfants dans un local qui n’est pas immense…

Une fois à la maison, il y a le bain, le repas, un peu de temps pour jouer ou regarder un peu la TV, l’histoire (ou plutôt les histoires) et le dodo de préférence à 8.30

Alors la pression temporelle……….. à moins que j’arrête de travailler, je ne vois pas trop comment la réduire. Et puis cette pression, je l’ai de toute façon, alors il y a toujours des moments où je vais être amenée à bousculer mes enfants, à leur dire d’aller plus vite, de se dépêcher. Par contre, les week-ends et les congés doivent être vraiment des moments plus cools. On a la chance d’être à la campagne, alors cela permet de vraiment se déstresser…

Un autre extrait de  Journal d’un bègue : le bégaiement dans la vie de tous les jours : « Mais ce rapport au temps ne s’arrête pas là. Il se ressent aussi dans nos discussions. Tout le monde parle vite et répond vite. J’ai l’impression qu’on ne prend même plus le temps d’écouter l’autre. Notre interlocuteur a un problème, on doit le résoudre dans la seconde qui vient sous peine de passer pour un incapable ou une personne inintéressante. J’ai l’impression que cela influe sur ma parole puisqu’en plus de vouloir répondre vite, je veux répondre de manière fluide. Et bingo, je bégaie. »

Je suis quelqu’un qui a tendance a parler vite et qui s’énerve vite en parlant; sans doute que je mets la pression sans le vouloir à Nathan. En plus, sa grande soeur est pareille. Nathan veut souvent faire les choses vite, et quand il parle, je pense qu’il voudrait justement parler vite et que du coup, ça se précipite. Enfin, c’est l’impression que cela donne parfois. Nous lui donnons un mauvais modèle c’est sûr…
Dans le document de Tim Mackensey « Comment les parents peuvent aider un enfant qui bégaie », l’auteur explique qu’il faut donner le modèle d’une parole lente, tout en restant naturelle. Et aussi qu’il faut marquer une pause d’une seconde avant de répondre à son enfant, cela permet de maintenir un échange lent et permet de compenser le fait que le langage de l’enfant est moins développé que celui de l’adulte. Le modèle de débit lent peut influencer son comportement.

Pas si simple, en tout cas pour moi qui parle avec un débit assez rapide, ai 50 idées à la fois et essaie de toute les exprimer. Il faut que j’apprenne à parler « doux » et même à me taire :-) Je pensais même, quand Nathan reprendra ses séances d’orthophonie, faire moi-même quelques séances afin d’apprendre à parler lentement et plus doucement. Il n’y a que quand je lis une hsitoire que j’arrive à poser - »pauser »- ma voix.

Je dois moi aussi arrêter de faire plein de choses à la fois dans ma vie et lâcher prise.

Bon eh bien, il y a encore des progrès à faire pour tout le monde :-)

Courir…

En ce moment, je suis en vacances, sans les enfants, que j’ai laissés chez leur mammy pour la semaine. Alors j’en profite pour ranger la maison et faire du ménage approfondi (eh oui…). Et quand je fais ce genre d’activités, bizarrement, je réfléchis beaucoup (normal me direz-vous, une activité telle que le ménage ou le repassage laisse l’esprit totalement libre :-) et parfois, j’ai des idées. Et là, j’en ai eu une qui intéressera peut-être ceux et celles qui suivent mon blog et qui sont concernés par le bégaiement…

Il faut dire qu’en ce moment, je lis deux livres qui, je dois l’avouer, me font aussi pas mal cogiter. J’en ai déjà un peu parlé sur ma page facebook : « Ce héros qui est en chacun de nous » et « Le principe du petit pingouin ». Excellentes lectures !!!

Revenons-en à mon idée… Le papa de Nathan, il y a de cela deux ans maintenant, s’est lancé un défi : courir le Marathon. Très beau défi, surtout quand on sait qu’il était au niveau zéro du sport… Il s’est donc mis à s’entraîner, mais parce qu’il ne fait jamais les choses à moitié, il s’est fait mal au genou parce qu’il a voulu y aller trop vite et trop fort.
De mon côté, il a fallu que je me mette à courir aussi : parce que j’ai eu la drôle d’idée de choisir EPS au Concours de Prof des Ecoles. Je vais beaucoup moins vite que mon conjoint et j’ai souvent du mal à me motiver.

Le papa de Nathan aimerait bien courir le Marathon de Paris en 2013…

Et là, j’ai eu cette drôle d’idée : et si, pour le motiver encore un peu plus, il avait une cause pour laquelle courir ? Et si, il courait pour Nathan, et pas seulement pour Nathan, mais pour tous les enfants qui bégaient ?
Alors voilà, on en a parlé. Il est d’accord. Et je me suis même demandée si je n’allais pas essayer de faire, de mon côté, un semi-marathon avec le même objectif : courir pour les enfants qui bégaient.

Maintenant que j’ai eu l’idée, je me demande comment faire pratiquement : en parler à l’APB ? Leur demander de nous sponsoriser ? Faire un tee-shirt spécial pour quand on participera à ces courses ? Courir avec une pancarte ?
Il va falloir qu’ici, dans notre petit coin de campagne, on participe à des courses (mais moi, je ne suis pas encore assez entraînée). Peut-être que les deux trois personnes qui courent que je connais pourraient être intéressées par mon idée aussi…

Je ne sais pas trop encore, par contre, une chose est sûre… C’est que depuis que je me suis mise cette drôle d’idée de courir pour une cause, je suis beaucoup plus motivée !

Pause…

… Et bien voilà, le papa a donné son avis, nous en avons discuté autour de nous, et finalement, on s’est dit… on fait une pause.

Nous avons arrêté d’emmener Nathan chez la seconde orthophoniste, dont la méthode ne nous convenait pas, et nous avons décidé d’attendre la fin de l’année scolaire avant de décider de retourner voir la première.

Pour rappel, j’avais aussi pris contact avec une troisième orthophoniste, assez célèbre mais parisienne, c’est-à-dire bien trop loin géographiquement. Mais celle-ci avait bien pris le soin de m’écouter, lors d’un entretien téléphonique très enrichissant, et je m’efforce d’appliquer quelques conseils qu’elle m’avait donné : notamment de ralentir mon propre débit, de faire des pauses…

Et ce que nous constatons, c’est que Nathan bégaie moins… Il a même eu une semaine entière où il n’a pas bégayé du tout : la seconde semaine de vacances. A la reprise de l’école (changement de rythme à nouveau, reprise des contraintes horaires – garderie, longues journées, fatigue), cela est revenu doucement. Alors, c’est sûr, il y a des jours où je me maudis de devoir aller travailler et de lui imposer un rythme qui ne lui convient peut-être pas.

Mais quand même, il bégaie moins, c’est moins prononcé, les répétitions se font moins fréquentes. Parfois je me dis que peut-être nous nous y habituons, mais je viens de prendre l’avis de ma belle-maman, qui en effet a constaté qu’il bégayait moins. Lors d’une conversation téléphonique avec ma maman, celle-ci a aussi trouvé que cela allait mieux.

Il cherche moins ses mots, il faut dire que son vocabulaire s’élargit. Il voulait souvent exprimer des choses assez difficiles à expliquer pour un petit, et maintenant qu’il est plus à l’aise avec le lexique, il s’emballe moins quand il veut parler de machines de chantier (sa grande passion…). Parfois, il veut parler « comme un livre » alors je lui dis de ne pas toujours utiliser des mots compliqués. Moi-même, j’évite d’utiliser un vocabulaire trop complexe.

Et puis, mon papa est gravement malade, alors mon sujet de préoccupation a changé. Et ça aussi j’ai l’impression que ça joue dans la baisse du bégaiement. Je me fais plus de souci pour mon père que pour Nathan, peut-être le ressent-il inconsciemment.

Je m’inquiète de moins en moins pour son bégaiement, parce que je vois que lui-même s’en moque. D’ailleurs il me l’a dit, il n’y a pas très longtemps. Je l’avais récupéré à l’école et quand même je trouvais que ça accrochait alors je lui ai demandé « aujourd’hui, à l’école, tu as bégayé ». Il m’a répondu « ce n’est pas grave », alors je lui ai dit « si ce n’est pas grave pour toi, alors ce n’est pas grave pour moi non plus ». Et c’est vrai, pourquoi « lui prendre la tête » avec ça, si lui, cela ne le gêne pas pour l’instant. Pourquoi créer un problème là où il n’y en n’a pas ? Et puis, pourquoi l’emmener à des séances d’ortho dont il ne perçoit pas vraiment l’utilité.

Alors je doute un peu… et cette prise en charge précoce du bégaiement ? Oui,  oui si le bégaiement est très sévère, oui si l’enfant, à cause de son bégaiement, se renferme sur lui-même, est en souffrance. Oui pour les conseils, parce qu’ils nous sont très utiles. Oui pour les choses à ne pas faire, parce que du coup nous faisons des efforts (surtout sur le rythme, le calme).

Mais pour les séances d’orthophonie, pour l’instant… stop. Quand il sera un peu plus grand, et d’ailleurs je pense qu’il vaudrait mieux que cela vienne de lui. Nous lui avons redemandé s’il souhaitait retourner voir une orthophoniste. Il va bientôt avoir 5 ans, alors il comprend mieux maintenant. Non, il n’a pas envie.

Alors voilà… pause. Un peu de silence, parce que Nathan m’a dit plusieurs fois aimer le silence, et ne pas aimer les « piapiapia ». Parce qu’il a besoin d’être cool et qu’il vivait je pense les séances d’ortho comme une contrainte de plus dans son emploi du temps.

Une pause… pour nous, pour écouter ce qu’il nous dit sans entendre quand ça accroche.

Une pause, un peu comme pour Cédric, qui a décidé d’arrêter son blog… et c’est bien dommage mais je le comprends. Après avoir masqué puis démasqué son bégaiement, après l’avoir accepté, maintenant il prend un peu de recul.

Nathan est :

Nathan est un petit garçon de bientôt 5 ans.
Nathan est un mignon blondinet rarement coiffé et aux yeux noisette.
Nathan aime les engins de chantiers et les camions de pompiers.
Nathan a une doudouce tricotée par son arrière grand mère qu’il traine partout. Il dort et se console avec lorsqu’il « en a trop marre !! ».
Nathan a une petite copine à l’école qui le prend dans ses bras et lui fait un gros câlin lorsque vient le weekend et qu’ils se séparent.
Nathan a un plat préféré : la pizza
Nathan déteste les légumes et tout ce qui ne ressemble pas à un dessert. Nathan dessine des petits bonhommes en couleurs qui sourient. Il s’applique toujours énormément et a plaisir à donner le dessin aux gens qu’il aime.
Nathan a beaucoup de mal à s’endormir s’il n a pas eu l’histoire du soir et ne s’endort pas du tout sans le bisou de Papa et Maman.
Nathan a une grande sœur. Comme toutes les grandes sœurs, c’est son modèle et son « embêteuse » préférée.
Nathan aime faire la bagarre avec son papa et lui sauter sur le ventre (surtout quand il ne s’y attend pas.)
Nathan fait du judo et ne veut jamais y aller puis une fois sur place, ne veut plus quitter le tatami.
Nathan adore le canapé du salon qu’il transforme régulièrement en terrain d’aventure.
Nathan a un héros qu’il admire : SAM le Pompier.
Nathan regarde les dessins animés avec son papa qui s’endort souvent devant. Nathan va à la piscine et nage dans les bulles en riant. Il en avale d’ailleurs souvent un peu au passage.
Nathan boude quand on lui dit non.

Nathan, c’est tout cela et bien plus encore. Pourquoi je vous dis tout cela ? Simplement, parce que de temps en temps, j’aime bien parler de Nathan sans employer le mot « bégaiement »
……
… Ah ! ..loupé….

 

 

Rendez-vous avec l’institutrice

Vendredi soir, j’avais rendez-vous avec la maîtresse de Nathan, histoire de faire le point… Nous avons discuté pendant une heure !

En fait, je connais bien l’institutrice de Nathan, parce que sa grande soeur l’a eue aussi, et parce que j’ai souvent eu l’occasion de discuter avec elle, car elle connaît mon projet (devenir prof des écoles) et on en a souvent parlé… Mais à ce rendez-vous, nous avons parlé de Nathan, de comment cela se passait en classe…

Et bien pour l’instant, ça se passe bien à vrai dire. Je rappelle qu’il est encore en maternelle, en Moyenne Section.
Du côté de l’écrit, tout va bien, il suit super bien, comprend vite, est intéressé, donc pas de souci. Du côté de l’oral :
- quand il récite une poésie, quand il chante, sa parole est fluide
- par contre, elle a bien constaté que quand il racontait quelque-chose, sa parole était moins fluide, il accroche
- mais il n’hésite pas à participer, à communiquer

On a parlé du tour de parole, et bien sûr, à l’école, cela se passe bien puisque les élèves doivent lever le doigt avant de parler. A l’école maternelle, on apprend les règles du vivre ensemble :écouter les autres quand ils parlent, ne pas les interrompre. Tout ça aide Nathan.

La maîtresse a juste remarqué qu’il n’était pas du genre à vouloir tout de suite parler, notamment quand elle les fait tous dicuter (lors du regroupement le matin). Mais d’autres élèves sont dans son cas.

Elle trouve qu’en ce moment il bégaie plus qu’avant… Je lui ai expliqué que nous étions allés voir une seconde orthophoniste, mais que finalement, nous allions laisser tomber et pour l’instant, faire une petite pause.

Nous avons parlé des moqueries; elle m’a expliqué qu’elle ne tolérait aucune moquerie de manière générale…

En résumé : elle n’était pas inquiète pour Nathan.

Alors je ne dois pas m’inquiéter outre mesure. Surtout que Nathan adore cette maîtresse (et bonne nouvelle, il l’aura encore l’an prochain, car elle a les Moyenne et Grande Section). Et qu’en ce moment, il aime bien aller à l’école, et ça, c’est sans doute parce qu’il a une amoureuse :-)

Je pense que pour l’instant, à l’école, ça va. Mais je m’inquiète pour plus tard, et à la lumière des commentaires qui ont été mis sur mon précédent article, je me dis que lorsque les prestations orales seront faites seul devant le groupe classe et notées, ce ne sera pas facile. Pour la lecture, je suis rassurée, a priori, l’apprentissage de la lecture n’est pas perturbé par le bégaiement, le seul point problématique pouvant être celui de la lecture à hauite voix.

DOCUMENTS UTILES

En ce qui concerne les taquineries, j’ai trouvé ce document là, dont j’avais déjà parlé dans un article précédent, mais qui me semble bien : « Faire face aux taquineries« .

Il y aussi celui-ci, à destination des enseignants, qui peut à mon avis être distribué : « La fluidité à l’école« . Il présente des  suggestions concrètes pour intégrer en classe un élève qui présente un problème de bégaiement, avec des conseils pour adapter les situations de communication rencontrées en classe.

Enfin, celui-ci, destiné aux élèves qui ont des exposés à faire : « Présentations orales « .

Langage oral à l’école

En travaillant pour les oraux du CRPE, je suis tombée sur cela, cela concerne le langage oral, au CP…

 » Au cycle des apprentissages fondamentaux, les élèves continuent leur apprentissage du langage oral : respect de l’organisation de la phrase, expression des relations de causalité et des circonstances temporelles et spatiales (pourquoi, quand, où?); utilisation plus adéquate de la conjugaison, emploi d’un vocabulaire de plus en plus diversifié; prises de parole de plus en plus longues et mieux organisées, dans le respect des sujets traités et des règles de communication.
Ils s’entraînent à écouter et comprendre les textes que lit le maître, à en restituer l’essentiel et à poser des questions.
La pratique de la récitation sert d’abord la maîtrise du langage oral, puis elle favorise l’acquisition du langage écrit et la formation d’une culture et d’une sensibilité littéraires. Les élèves s’exercent à dire de mémoire, sans erreur, sur un rythme ou avec une intonation appropriés, des comptines, des textes en prose et des poèmes. « 

En lisant ce texte, je n’ai pas pu m’empêcher de penser au cas de l’élève qui bégaie. Eh oui, c’est plus fort que moi… c’est comme ma tendance à voir des personnes qui bégaient partout (oui, ça me fait ça en ce moment…).
Alors voilà, je réagis par rapport à « prises de parole de plus en plus longues et mieux organisées »
. Pour un élève qui bégaie, les prises de paroles longues risquent justement de poser problème non ? Comment les gérer en classe ? On demande à ce que l’élève organise mieux ses interventions orales… Il faut dans ce cas que l’enseignant porte bien son attention sur ce que dit l’enfant et non pas à la façon dont il le dit. Que faire concrètement si l’élève se met à beaucoup bégayer parce qu’il stresse ? Si je suis enseignante un jour, je saurai sans doute comment réagir, parce que de fait, je connais le problème. Mais l’enseignant lambda n’a pas été formé pour cela…

C’est vrai que toutes ces questions je me les suis posées l’an dernier quand j’ai fait mon petit travail de recherche sur le bégaiement et la scolarité. J’avais trouvé pas mal de conseils sur la manière d’aider les enfants qui bégaient en classe. Mais depuis, j’ai même désormais quelques idées d’exercices qui émergent, parce que certains jeux/exercices préconisés par les orthophonistes, ceux que l’on peut faire en tant que parents, sont transposables en classe.

 « La pratique de la récitation sert d’abord la maîtrise du langage oral, puis elle favorise l’acquisition du langage écrit ». Là aussi, je m’interroge… Comment se passe l’exercice de la récitation pour un enfant qui bégaie? Il peut parvenir à très bien réciter quand il est seul à la maison, sans accrocher. Mais devant toute la classe? La situation est différente, peut générer le bégaiement. L’enseignant devra alors s’adapter, voire accepter de changer les règles du jeu en permettant à cet élève de réciter d’une manière à diminuer la tension… pas devant toute la classe… en duo avec un autre élève… il y a des situations à imaginer.

Je me pose beaucoup de questions sur la lecture, la lecture à l’oral. Je me demande si le bégaiement pose problème pour l’acquisition de la lecture, à quoi il faudra que je sois attentive. C’est pour cela que je lis beaucoup de livres à Nathan, pour qu’avant même d’apprendre à lire, il sache que dans les livres sont les histoires, que ces histoires lui sont lues mais qu’un jour il saura déchiffrer les textes et lire à son tour. En même temps, il n’y a pas que la lecture à voix haute, il y a la lecture silencieuse et le plus important c’est quand même la compréhension du texte.

On parle aujourd’hui de différenciation pédagogique, dont le but est de favoriser l’apprentissage de tous les élèves; il s’agit de s’adapter aux difficultés des élèves, quelles qu’elles soient. Alors bien sûr, pour les enfants qui bégaient, cette différenciation doit jouer pleinement son rôle.

Un mieux depuis… le bâton de parole ?

Depuis deux-trois jours, cela va mieux pour Nathan.

J’ai eu une conversation téléphonique avec une 3ème orthophoniste (que je ne citerai pas) qui m’a donné de nouveaux conseils et qui m’a notamment conseillé de bien faire attention à parler lentement (entre autres…). J’ai fait l’effort ce week-end, et cela a peut-être porté ses fruits.
Dommage que cette orthophoniste soit à 700km de chez nous… et que le TGV n’existe pas dans notre région…
Bon, peut-être une solution à distance serait envisageable avec cette orthophoniste ! Ce serait super mais pas évident en terme de planning à gérer (pour elle comme pour nous), de technologie (des enregistrements vidéo à faire…) et de prise en charge (cela m’étonnerait que l’assurance maladie prenne en charge une thérapie à distance).
Alors nous réfléchissons…
Mais en attendant, nous allons appliquer ses recommandations.
Je me suis demandée si cette amélioration n’était pas due aussi au jeu du bâton de parole, pendant lequel Nathan s’est vraiment montré enthousiaste; nous allons d’ailleurs le refaire. Malgré la grande réticence de sa grande soeur !

Le bâton de parole : une expérience à tenter

Cette idée, elle vient de la liste des attitudes favorables, trouvée dans le guide Le Bégaiement du Jeune Enfant – Intervention Précoce, de l’APB.

Nous l’avons mise en pratique ce soir. Pourquoi ce soir? Parce que quand je suis allée chercher Nathan à la garderie, j’ai été assez effarée par le volume sonore qui y régnait. J’ai mieux compris pourquoi ces derniers temps, Nathan rentrait un peu énervé.
A peine rentrés avec Nathan, Auré (sa grande soeur) me sautait dessus pour me raconter sa journée. Et avec son papa, on avait aussi plein de choses à se dire sur nos jobs respectifs. Alors souvent quand le repas arrive, tout le monde a plein de choses à se dire…

Alors voilà, je suis allée chercher un petit bâton, et au moment du repas, j’ai dit que l’on allait jouer à un jeu. Ce bâton, c’était un « bâton de parole », et quand on voulait parler, il fallait le prendre. J’ai expliqué que cela nous obligerait à parler chacun à notre tour.

L’expérience a été très enrichissante:
- Nathan a été super enthousiaste. Il s’est très bien servi du bâton, et même, nous avons noté qu’il n’avait pas bégayé de tout le repas quand il s’en est servi. Il s’en servait un peu comme d’un micro, ça l’a fait rire, et à la fin, il ne voulait plus le donner aux autres. Nous avons été obligés plusieurs fois de rappeler qu’il fallait le laisser au milieu de la table pour que les autres puissent s’en servir.
- Auré n’a pas du tout aimé ce jeu. Sans doute parce que cela lui a demandé pas mal d’effort; elle n’a pas apprécié de ne pas pouvoir parler quand elle le voulait. Devoir écouter vraiment les autres lui a peut-être paru difficile. En tout cas, cela montre aussi qu’elle est habituée à être celle qui parle le plus et le plus souvent…
- Pour moi, cela n’a pas été évident non plus. Ayant tendance à parler vite, voire à couper la parole aux autres (à mon conjoint et à ma fille, pas à Nathan), cela m’a permis de me poser, à beaucoup moins parler et laisser la place aux autres aussi.
- Pour mon conjoint, cela ne l’a pas trop gêné, parce que dans la famille, c’est celui qui parle le moins. D’ailleurs Nathan lui a donné le bâton, à un moment, il voulait que son papa parle.

J’ai trouvé que c’était très révélateur de la façon dont nous fonctionnons. Cela nous a vraiment obligé à parler chacun notre tour, la qualité d’écoute était plus grande, le repas a été plus calme. Nathan a beaucoup aimé, le bâton de parole m’a même fait l’effet d’une réelle aide pour lui (comme une béquille), j’ai été surprise de constater qu’il ne bégayait pas en parlant avec ce bâton et qu’il contrôlait tout seul son débit.
Malgré le manque d’entrain de sa soeur, c’est clair que nous réessaierons !

 

Liste des attitudes favorables

Cette liste est issue du petit livret  Le bégaiement du Jeune Enfant – Intervention Précoce, édité par l’APB. J’ai décidé de mettre quelques commentaires (en italique).

La voici :

> Porter attention à ce que dit l’enfant et non à la forme de sa parole, sans commentaire ni conseil.
En général, nous parvenons à le faire, mais ce n’est pas toujours facile de faire abstraction de la manière dont c’est dit, surtout s’il se met à s’embrouiller. Par contre, nous ne faisons jamais de commentaire et ne lui donnons pas de conseil. L’ortho nous a conseillé de dire plutôt « Je prends le temps de t’écouter… »

> Utiliser le parler nourrice ou le parler  »tout-doux » (phrase courte, musicale dans l’intonation, rythme lent, pauses fréquentes)
C’est difficile pour moi, qui suis quelqu’un de plutôt dynamique, qui parle fort et qui a un débit rapide. J’essaie de faire des efforts, mais cela me demande justement un réel contrôle. Et je perds mon naturel. Un jour où je parlais tout doucement, mon aînée m’a dit d’arrêter parce qu’elle n’aimait pas quand je parlais comme ça, elle avait l’impression que ce n’était pas moi… L’un des moments privilégiés où je parviens à trouver cette voix, c’est le soir, quand je lis une histoire…

> Aider l’enfant à parler et non parler à sa place, être partenaire dans l’échange: lorsqu’il est bloqué, on peut lui proposer un mot afin de relancer l’échange. Exister comme interlocuteur face à lui en exprimant ce à quoi on pense quand il peine à parler.
Nous avons peu l’occasion de le mettre en pratique, parce que Nathan ne bloque pour ainsi dite jamais. Il va bégayer, répéter les syllabes, prolonger un son, mais il va toujours finir par dire ce qu’il veut et comme il le dit assez rapidement, nous n’avons pas le temps d’intervenir. Mais l’idée d’être partenaire dans l’échange, nous l’avons toujours à l’esprit.

> Le regarder quand il parle, se mettre à sa hauteur.
Ce n’est pas toujours si facile de le faire. Le regarder quand il parle, c’est pratiquement toujours possible, sauf en voiture (et Nathan parle toujours quand nous allons quelque-part en voiture, sinon, c’est qu’il s’endort :-) . D’ailleurs en voiture, j’essaie de lui expliquer que je ne peux pas toujours l’écouter parce que je dois conduire… Ceci dit, en voiture, nous essayons de jouer aux devinettes, et aussi de chanter s’il en a envie.
Se mettre à sa hauteur, je ne le fais pas souvent parce qu’il faudrait que je me baisse tout le temps ! Quand on est à table, ça va, mais sinon ? Mais bon je ne suis pas très grande et j’essaie de toujours maintenir le contact visuel sans non plus le regarder de manière trop fixe.

>Quand l’enfant bégaie, le stopper doucement, le rassurer et l’aider.
On ne s’est jamais trop permis de le faire, parce qu’ailleurs on lit qu’il ne faut pas interrompre l’enfant quand il bégaie. Alors ? Peut-être essayer de le faire quand il bégaie vraiment beaucoup. Mais cela interrompt sa parole… Le rassurer. Pas évident. Je lui dis parfois « Je t’écoute, vas-y »… « Je prends le temps de t’écouter ». Mais c’est plus rare que je lui dise « ne t’inquiète pas, ce n’est pas grave si ça accroche ». En fait, je lui ai déjà dit ça mais de manière générale, sur son bégaiement, pas à un moment où il parlait…

>Lire un livre, jouer avec l’enfant en interaction chaleureuse où chaque partenaire trouve son plaisir dans la disponibilité
Je crois que je pourrais faire tout un article sur l’idée de disponibilité. C’est assez difficile, je trouve, de pouvoir prendre le temps de s’occuper de ses enfants, quand les deux parents travaillent, que l’on n’a pas forcément les grand-parents disponibles… Quand nous rentrons le soir, j’ai souvent l’impression que nous n’avons pas toujours du temps… Il y a le bain, le repas à préparer, parfois aider aux devoirs, des tâches ménagères et puis, après une journée de travail (pas toujours facile) il y a du stress et de la fatigue. Il reste les week-ends, où là en effet il y a plus de temps à consacrer aux enfants.
La lecture: pas de problème, tous les soirs, Nathan a droit à une ou deux voire trois histoires. C’est vraiment un moment privilégié que je maintiens contre vents et marées. J’aime lire à voix haute et j’adore les livres alors c’est vraiment un partage.
Je sais aussi que ce qui compte, ce n’est pas de jouer une heure avec son enfant, mais ne serait-ce que 1/4 d’heure ou 1/2 heure, si c’est une réelle interaction de qualité, où chacun en effet prend plaisir à interagir. Ces moments sont encore trop rares, dans un quotidien rempli de petites « corvées »…

> S’assurer d’avoir bien compris ce qu’il veut dire
Nous n’avons pas souvent à le faire, parce que nous comprenons ce que dit Nathan, la plupart du temps. Sauf parfois s’il marmonne ou s’embrouille dans ses explications…

>Lui apporter tout le soutien nécessaire, l’encourager dans ses initiatives, se réjouir avec lui quand il réussit quelque-chose qui lui tient à coeur. Accepter ses moments de déception, de tristesse, de découragement, sans les nier ni les minimiser.
Pas de problème pour cela. Nous le faisions de toute façon. Par contre, je ferais juste la remarque ici que Nathan est très exigeant avec lui-même; souvent, je dois justement temporiser en lui expliquant que ce n’est pas grave s’il n’a pas réussi à faire quelque-chose…

>Essayer de diminuer les sources d’excitation, de grande fatigue, de stress. Une pratique modérée des jeux électroniques est recommandée.
Nous avons une vie assez cool, à la campagne, alors je pense que nos enfants ont un cadre de vie privilégié. Pour les jeux videos, Nathan n’est pas très intéressé. Il a eu quand même une petite console Leapfrog à Noël mais il n’y joue pas trop. De temps en temps, il est sur l’ordinateur, mais toujours sur des activités adaptées à son âge. Formatrice en informatique, je ne vais pas empêcher mes enfants d’utiliser un ordinateur ou une console de jeux (que j’utilise !).

>Donner toute sa place à la communication non verbale
En jouant avec des jeux de mime, en faisant des mimiques, des grimaces, des gestes… en plus cela peut être très drôle.

>Accepter le retour en arrière (biberon, doudou, pipi au lit…)
En ce moment, nous avons droit à des moments où il fait exprès de parler comme quand il était bébé… je le laisse faire, parce qu’il a sans doute besoin de se rassurer par rapport à sa parole. D’ailleurs quand il parle comme un bébé il ne bégaie pas. Et on a aussi droit à beaucoup de « pipicacaprout ». Il faut faire avec :-) Une petite régression avant un bond en avant, sans doute.

>Alléger des contraintes de ses journées
Je parlerai dans un article du départ à l’école le matin, pas toujours facile à gérer sans stress… Bien sûr, ses journées sont longues, comme tous les enfants dont les parents travaillent, avec garderie+école+garderie. Et encore, j’ai réussi à avoir mes mercredis !

>Avoir des attentes réalistes dans ses visées éducatives
Pas de souci de ce côté là

>Informer son entourage des attitudes qui l’aideront
C’est fait (école, grand-parents…)

>Lui parler de son bégaiement, lui dire que l’on sait qu’il est inquiet ou triste ou en difficulté, et lui dire aussi quand on entend que sa parole est « toute douce » (et surtout pas qu’il parle bien!)
Là c’est ce qui a posé problème avec l’ortho. Nous pensons qu’elle a abusé dans l’autre sens en lui disant avec insistance qu’il bégayait. Quand on parle de son bégaiement à Nathan, il dit « je m’en fiche » et on sent que cela l’énerve qu’on lui en parle. Alors, je lui en parle rarement. Parfois, si un soir, sa parole est fluide, je lui ferai remarquer que « les mots n’accrochent pas ». Ce n’est pas faire du bégaiement un tabou, il sait que nous nous rendons compte qu’il bégaie, mais nous ne voulons pas tomber dans l’excès inverse; il est quand même ressorti de la deuxième séance chez l’ortho en bégayant beaucoup plus que le matin même parce qu’elle lui avait dit plusieurs fois « tu vois, là tu bégaies ».

> En famille, veiller à ce qu’on ne lui coupe pas la parole mais qu’on le laisse parler, de manière à ce qu’il ne doive pas se précipiter pour prendre la parole. Lors des repas, on peut proposer un objet symbolisant le tour de parole.
Nous avons fait attention à cela dès le départ, suivant les conseils donnés par la première version du guide. Cela n’est pas toujours facile avec sa grande soeur, très bavarde, qui parle vite et a en plus souvent des choses très intéressantes à dire.
Nous avons testé le « bâton de parole » (cf article) avec succès.

>Parallèlement, s’autoriser à lui demander de se taire lorsqu’on est occupé à autre chose, en lui disant de revenir un peu plus tard (on lui redemande alors ce qu’il voulait dire)
On le met peu en pratique, à tort sans doute, parce que comme il bégaie, nous sommes justement toujours un peu « suspendus à ses lèvres » et peut-être trop à l’écoute. Nous nous autorisons peu à lui dire de se taire. Je pense d’ailleurs qu’il en profite un peu – pour crier, dire un peu n’importe quoi… – mais on le laisse faire. D’ailleurs, il devient très bavard ;-)

Ceci dit, nous essayons donc d’appliquer ces conseils au mieux. Bien entendu, dans l’idéal, il faut que ce soit tout l’entourage qui les suive. A l’école notamment, il est important que les enseignants sachent comment s’y prendre. Cette liste peut les aider aussi.
Est-ce qu’en suivant toutes ces recommandations, nous parviendrons à enrayer le bégaiement de Nathan, qui prend racine depuis maintenant plus d’un an ? Je n’en suis pas sûre. Sans doute il faudrait autre chose… des exercices ? une méthode ? Je n’ai pas de réponse pour l’instant.

 

Jeux sur le langage

Ce que je propose dans cet article, ce sont quelques jeux que j’ai essayé de faire avec Nathan… des jeux pas compliqués, auxquels les enfants jouent parfois spontanément, et qui peuvent aider, à mon avis, des enfants qui bégaient.

Le gromelots ou le charabia

Je rebondis sur le terme de « charabia » et j’en profite pour parler des jeux que je fais parfois avec les enfants. En fait, cela a commencé un mercredi, à table, les enfants se sont amusés à parler en faisant des « mmmm », le but étant de se faire comprendre… On utilise alors les gestes, les mimiques… Je les ai encouragé, parce que je me disais que justement, c’était un jeu intéressant sur la communication orale sans les mots. J’ai même participé et on a bien ri, même si on n’a pas fait le jeu longtemps.
Oui, c’est intéressant parce que cela permet à Nathan de comprendre que l’on peut s’exprimer, exprimer des choses, sans passer par des mots. Qu’il y a d’autres choses qui sont utilisées pour communiquer (gestes, mimiques du visage, regard, etc..). Je pense que c’est important de dédramatiser l’acte de communiquer…

Quelle surprise quand je me suis rendue compte que dans le livre Bégaiement et art-thérapie (que j’ai commandé et commencé de lire… promis je ferai une petite note de lecture…), ce jeu était proposé comme activité, il s’appelle le « gromelot ». L’auteur, Mireille Gayraud-Andel, propose aussi l’activité qui consiste à parler en disant des sons qui n’ont aucun sens, un genre de charabia(l’équivalent de ce que l’on appelle le « yaourt » en chant).

Je fais ou je fais faire de temps en temps ces jeux à mes enfants; ils aiment beaucoup, aussi bien Nathan que sa grande soeur, qui se prête très bien au jeu.

Les devinettes

Ce jeu des devinettes, on l’avait déjà beaucoup pratiqué lors des longs trajets en voiture, avec la grande soeur de Nathan, justement quand elle avait 4-5 ans; aujourd’hui encore, elle adore y jouer.
Depuis peu, nous y jouons aussi avec Nathan.
Nous avons instauré des règles : chacun pose sa question à tour de rôle. On ne peut répondre aux questions (cela concerne celui qui fait deviner le mot aux autres) que par oui ou par non : du coup, on pose des questions fermées
Généralement, on donne un thème au départ : animaux, objets…
Les questions sont souvent posées de la manière suivante « est-ce que… »; on fait attention de poser des questions simples quand c’est Nathan qui fait deviner.
C’est intéressant à plusieurs titres :
> ça fait passer le temps en voiture :-)
> cela permet de « travailler » sur le tour de parole (thème cher aux orthophonistes…), chacun écoute les questions, les réponses de l’autre
> on ne parle pas vite, on prend son temps
> on verbalise de manière simple

J’ai été agréablement surprise de voir que dans le DVD (commandé aux mêmes éditions…) Le Bégaiement de l’enfant : sa prise en charge de Véronique Aumont Boucand, il était question de jeux de devinettes…

Le perroquet

On s’est tous amusés à faire ça quand on était enfants : s’amuser à répéter ce que l’autre dit (c’est super agaçant pour celui qui parle…). Ma fille l’a beaucoup fait étant plus petite et voilà que Nathan l’a fait un peu aussi il n’y a pas très longtemps. Du coup, je l’ai encouragé, de manière implicite, et j’en profite pour ralentir mon débit, afin qu’il m’imite.
Ce soir, Nathan m’a demandé de jouer au « corbeau » (pour lui, c’était le perroquet…) d’une autre manière : je devais dire un mot, et lui le répétait. Cela m’a surpris qu’il me demande de faire cela. Mais j’ai joué le jeu bien sûr, en me disant là aussi qu’il fallait en profiter. Alors j’ai choisi des mots assez longs, pas forcément faciles à dire, et je les ai prononcés doucement. Il les a répétés de la même manière.
Après, je lui ai dit que j’allais dire des mots qui ne voulaient rien dire. Je voulais voir s’il accepterait de répéter des suites de sons qui n’avaient pas de sens, comme « patichka ». J’ai essayé là aussi de varier les sons, les combinaisons de sons. Ca lui a plu, il a répété sans souci.
Le but pour moi, c’est de faire des jeux avec la langue, les sons… ce n’est pas trop l’idée qu’il répète le mot sans bégayer, de toute façon, je sais bien que quand il répète un seul mot, doucement, il ne bégaiera pas… l’idée c’est qu’il apprivoise les mots, la langue, les sons, qu’il comprenne que l’on peut jouer avec. Je voudrais qu’il dédramatise l’acte langagier, qu’il prenne la langue et les mots avec légèreté.

J’ai remarqué que souvent, le bégaiement de Nathan était lié à son débit de parole, souvent précipité, surtout s’il me parle de choses qui lui tiennent à coeur (engins de chantier, par exemple).

Voilà, quelques idées de jeux.

J’ai pensé aussi, mais je pense qu’il est encore petit, que des jeux comme les jeux de mime et pictionnary pouvaient être pas mal aussi.
Bien sûr, j’ai investi dans la pâte à modeler, l’argile… mais bon, le souci avec ça c’est qu’ensuite, le nettoyage n’est pas facile. La peinture et le dessin… L’objectif pour mou c’est de lui permettre de trouver aussi d’autres moyens d’expression que le langage; bon, je pense que je lui ferai faire de la musique. Il me parle de la batterie et j’ai lu dans Art-thérapie que le travail sur le rythme était intéressant… alors on verra. En attendant, il peut s’amuser avec le Djembé et le xylophone !

Amis lecteurs du blog, si vous avez des idées de jeux, si vous avez testé des activités : n’hésitez pas à poster des commentaires !