Un article du blog Journal d’un bègue : le bégaiement dans la vie de tous les jours m’a fait réagir…
Il s’agit d’une réflexion sur le temps. Il m’a fait réagir parce que justement, j’ai moi-même un souci avec le temps. Pour simplifier, j’ai tout le temps l’impression de courir après lui. Je sais que c’est lié à nos modes de vie actuels. Et c’est justement la première chose que l’on nous conseille, à nous, enfants de parents qui bégaient : faire baisser la pression temporelle.Très facile à dire, mais beaucoup moins facile à mettre en application.
Nathan ne fait qu’une seule activité, pour l’instant; j’ai toujours été contre les agendas de ministre pour les enfants, de toute façon. Parce que je suis convaincue, que, de temps en temps, il faut que les enfants s’ennuient
N’empêche, là où je pense qu’il a le plus de pression, c’est le matin, le départ à l’école. Déjà, nous avons énormément de mal à le réveiller… Je sais que nous avons pris une mauvaise habitude : le laisser déjeuner devant les dessins animés. Je sais que ce n’est pas l’idéal, mais maintenant, nous pouvons difficilement déjeuner ensemble parce que celui qui emmène la grande soeur doit partir à 7.30 de la maison, et que Nathan on l’emmène à 8.00 à la garderie. Le problème c’est qu’ensuite il faut littéralement l’arracher des dessins animés. Je sais, en tant que peut-être-future-instut, que ce n’est pas bien que les enfants regardent la tv avant la classe; mais là, en l’occurrence, il ne va pas directement en classe mais à la garderie… pendant 1 heure.
Il y a eu un gros débat au sujet du rythme scolaire au sein de l’éducation nationale, chez les parents d’élèves. Regardons de plus près la journée de Nathan
7.20/7.30 Lever
8.00 Départ pour la garderie scolaire
9.00 Début de la classe
12.00 Fin de la classe / Cantine
Récréation après la cantine
13.30 Reprise de la classe
16.30 Fin de la classe / Garderie
18.00 Retour à la maison
Faisons un bref calcul, cela lui fait une journée de 10 heures ! Bien sûr, tout n’est pas du temps de travail. Mais la garderie n’est pas non plus forcément un moment de calme et de sérénité, puisqu’il y a près d’une vingtaine d’enfants dans un local qui n’est pas immense…
Une fois à la maison, il y a le bain, le repas, un peu de temps pour jouer ou regarder un peu la TV, l’histoire (ou plutôt les histoires) et le dodo de préférence à 8.30
Alors la pression temporelle……….. à moins que j’arrête de travailler, je ne vois pas trop comment la réduire. Et puis cette pression, je l’ai de toute façon, alors il y a toujours des moments où je vais être amenée à bousculer mes enfants, à leur dire d’aller plus vite, de se dépêcher. Par contre, les week-ends et les congés doivent être vraiment des moments plus cools. On a la chance d’être à la campagne, alors cela permet de vraiment se déstresser…
Un autre extrait de Journal d’un bègue : le bégaiement dans la vie de tous les jours : « Mais ce rapport au temps ne s’arrête pas là. Il se ressent aussi dans nos discussions. Tout le monde parle vite et répond vite. J’ai l’impression qu’on ne prend même plus le temps d’écouter l’autre. Notre interlocuteur a un problème, on doit le résoudre dans la seconde qui vient sous peine de passer pour un incapable ou une personne inintéressante. J’ai l’impression que cela influe sur ma parole puisqu’en plus de vouloir répondre vite, je veux répondre de manière fluide. Et bingo, je bégaie. »
Je suis quelqu’un qui a tendance a parler vite et qui s’énerve vite en parlant; sans doute que je mets la pression sans le vouloir à Nathan. En plus, sa grande soeur est pareille. Nathan veut souvent faire les choses vite, et quand il parle, je pense qu’il voudrait justement parler vite et que du coup, ça se précipite. Enfin, c’est l’impression que cela donne parfois. Nous lui donnons un mauvais modèle c’est sûr…
Dans le document de Tim Mackensey « Comment les parents peuvent aider un enfant qui bégaie », l’auteur explique qu’il faut donner le modèle d’une parole lente, tout en restant naturelle. Et aussi qu’il faut marquer une pause d’une seconde avant de répondre à son enfant, cela permet de maintenir un échange lent et permet de compenser le fait que le langage de l’enfant est moins développé que celui de l’adulte. Le modèle de débit lent peut influencer son comportement.
Pas si simple, en tout cas pour moi qui parle avec un débit assez rapide, ai 50 idées à la fois et essaie de toute les exprimer. Il faut que j’apprenne à parler « doux » et même à me taire
Je pensais même, quand Nathan reprendra ses séances d’orthophonie, faire moi-même quelques séances afin d’apprendre à parler lentement et plus doucement. Il n’y a que quand je lis une hsitoire que j’arrive à poser - »pauser »- ma voix.
Je dois moi aussi arrêter de faire plein de choses à la fois dans ma vie et lâcher prise.
Bon eh bien, il y a encore des progrès à faire pour tout le monde
